Too Young To Die – 죽어도 좋아

Du sexe mais point trop n’en faut dans la prude Corée !

Par Erin Sepatu


Le sexe fait son grand retour dans le cinéma coréen, mais l’avait-il vraiment quitté ?
Feindre de l’ignorer est certainement le plus sûr moyen de souligner par son absence son évidente présence dans les films produits en Corée. Et pourtant, le plus vieux sujet de cinéma du monde fait encore les beaux jours de la critique, des censeurs et plus épisodiquement du public qui peut suivre, par presse interposée ou sur internet, le débat soulevé par les films qualifiés de trop osés.

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PAK Wansô – 박완서

Par Patrick MAURUS dans Dictionnaire des Créatrices

 

박완서PAK Wansô, romancière sud-coréenne (1931-2011), présente sans doute le profil le plus atypique des lettres sud-coréennes modernes, malgré les nombreux prix reçus (le Yi Sang en 1981). D’abord par ses débuts, qu’elle n’effectue qu’à quarante ans, après avoir vécu une vie d’épouse et de mère presque traditionnelle, à ceci près que cette vie se déroule à cheval sur l’occupation japonaise, la guerre du Pacifique, la partition du pays, la libération manquée, la Guerre de Corée et la division qui dure toujours…

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Tombeau pour Yi Ch’ôngjun – 이청준을 위한 무덤

1939-2008 (Texte légèrement remanié de la préface de Les Portes du Temps, Actes Sud, 2011)

Par Patrick Maurus.

Il serait passablement ridicule de jouer au petit jeu très américain du “meilleur écrivain coréen”, ce petit jeu auquel joue chaque année le nationalisme local lorsqu’il s’agit pour lui de “désigner” un candidat au Nobel ! Merci à lui, en tout cas, d’avoir toujours oublié Yi Ch’ôngjun, que cela amusait beaucoup. L’hommage du vice à la vertu, en quelque sorte.
Il est plus simple, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, de le présenter non seulement comme un écrivain coréen, non seulement comme un écrivain marqué par son origine nationale, mais qui risquerait de l’assimiler à l’immense cohorte des nationalistes, mais avant tout comme un écrivain hanté par la coréité. Non qu’il y aurait là une supériorité ou un mystère d’une nature particulière, mais parce qu’en s’acharnant dans cette recherche, c’est à son identité d’écrivain qu’il en avait.

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Interview de Lee Chang-dong – 이창동 인터뷰 번역에 대해서

Par Jeong Eun-jin, Festival de Cannes 2010.

이창동

 

JEONG Eun-Jin : Quel a été le point de départ de Poetry ?

LEE Chang-dong : J’étais en train de préparer le tournage de Secret Sunshine à Miryang quand un scandale de viol collectif y a éclaté. J’ai été extrêmement choqué par la façon dont les adultes – les parents des jeunes violeurs, l’établissement scolaire, la presse et la police – avaient essayé d’étouffer l’affaire. La réalité dépassait la fiction dans cette ville que j’avais choisie comme décor de mon film qui entendait poser des questions d’ordre métaphysique. J’ai eu envie de différer tout le reste pour parler de cet événement, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre. Puis un jour, j’ai trouvé la réponse dans le thème de la poésie.

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