Une société qui pousse à boire – 술 권하는 사회

Hyôn Chin’gôn

La présente traduction de Patrick Maurus est une révision de celle publiée dans Passeport pour Séoul, Actes Sud, 2002. L’original date de 1921.


« Aigu, aya. »
La femme qui faisait de la couture toute seule grimaça à peine et poussa un faible cri aigu. L’aiguille s’était plantée sous l’ongle de son pouce gauche. Son pouce trembla légèrement et un sang rouge prunus apparut sous l’ongle. Elle arracha rapidement l’aiguille et appuya sur la blessure avec son autre pouce. En même temps, du talon, elle repoussa son ouvrage. Après un moment, elle dégagea son pouce blessé. Il n’avait plus de couleur, comme si le saignement avait cessé. Alors, de sous la couche blanche un liquide épais jaillit à nouveau peu à peu. Une goutte de sang de la taille d’un grain de millet sortit, à peine visible, de la blessure. Il n’y avait plus qu’à presser à nouveau. Le saignement sembla se calmer, seulement pour recommencer quand la pression cessait.

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