Développement urbain et loisirs à Pyongyang – Partie 1

Ce billet est le second d’une série de trois articles sur les loisirs à Pyongyang, en Corée du Nord. Cette recherche est le résultat d’un long et minutieux travail d’enquête sur le terrain effectué en 2016 et 2019 dans le cadre d’un master d’études asiatiques àl’EHESS, sous la direction de Valérie Gelézeau. Par conséquent, sauf mention contraire, l’ensemble des données présentées appartiennent à l’auteure. Toute personne diffusant et/ou utilisant les données sans son accord préalable s’expose à des poursuites judiciaires.

Parc d’attractions de Rungna – ©Manon Prud’homme – 2019
Lire la suite

Comprendre les Corées : La Corée dans ses fables

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

Comment parler d’un autre pays ? A moins de se laisser aller à ses impressions ou à répéter ce qu’on aura entendu sur place ou lu dans un journal, la question n’est pas simple.

S’astreindre des années à en étudier la langue, l’histoire, la littérature ou autre est un bon viatique mais ne vaccine pas contre l’opinion, l’idée toute faite, le logocentrisme. La méthode ici choisie, la sociocritique, se propose de ne foncier la réflexion que sur ce que les Coréens disent d’eux-mêmes, sans considérer a priori que ces Coréens existeraient ou seraient dotés d’une spécificité évidente.

Il s’agit donc de prendre au sérieux et même au pied de la lettre ce que la Corée, les Corées disent d’elles-mêmes, et surtout le discours de victimisation qu’elles partagent. Ainsi, tous les lieux communs, miracle, nationalisme, sont-ils remis en perspective, en particulier avec le social-darwinisme.

Car ce que dit de lui un pays n’est ni vrai ni faux mais forme l’ensemble de ses représentations identitaires. Ce qu’on appelle ici des fables. Analysables à la condition de toujours se rappeler qu’elles sont vues, d’ici, à partir d’autres représentations.

Les littératures coréennes d’aujourd’hui

L’événement des années 90, c’était la rupture des liens avec le cinéma et l’émergence des nouvelles technologies ; aujourd’hui, nous voyons naître deux littératures de deux pays et non plus celles d’un pays divisé, même si elles en conservent bien des marques. Cela a des conséquences en matière de sociologie littéraire et en matière générique. Il convient donc d’en étudier les effets sur ces littératures qui restent fondamentalement confucéennes, antées/hantées dans et par le réel, obsédées par leur devoir d’intervention. Ces questions se posent désormais de façon radicalement différentes au Nord et au Sud (et en Chine).

Lire la suite

Le Confucianisme comme méta-récit 유교와 메타 담화

Le roman coréen nous avertit des précautions qu’il convient de prendre lorsqu’en littéraire on s’aventure en terres confucéennes. Il est ainsi possible de s’inspirer de la mésaventure du vieux Maître Yun, le pitoyable nouveau riche héros de t’aep’yông ch’ônha, La grande paix sous le ciel, le très humoristique roman de Ch’ae Mansik (1938). Soucieux d’honorabilité, ce Yun tente par tous les moyens d’obtenir le titre, la dénomination qui prouvera son honorabilité. Le plus court chemin consiste à acheter la direction d’une école confucéenne, hyanggyo. Lire la suite