A l’ombre du paravent – 병풍의 그늘에

Ou le cinéma selon une poésie de Ch’oe Sûngho

par Adrien Gombeaud

Parmi les thèmes de prédilection du poète contemporain Ch’oe Sûngho figure la description de la ville et de la modernité : métro, autobus, publicités composent au fil des œuvres de Ch’oe une sorte de « Spleen de Séoul » au XXe siècle. En 1990 Le Divertissement d’une ville mondaine, s’ouvre sur un poème qui décrit une séance de cinéma. Ce petit texte développe une théorie du regard et du spectacle qui ouvre des pistes d’analyse très riches pour le cinéma coréen contemporain.

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Ecrire / Femme – 글쓰기/여자

Par Patrick MAURUS, traducteur, professeur de littérature coréenne à l’Inalco, Paris

5000 ans d’histoire, nous serinent les nationalistes coréens. Dans ce cas, il faudrait préciser : 5000 ans d’exclusion pour les femmes. La société coréenne a en effet assigné aux femmes une place séparée, tant à l’intérieur de la maison que dans les relations sociales. Mais est-ce si surprenant. C’est le cas ailleurs, Confucius se chargeant seulement de donner la couleur locale. Une place subalterne, évidemment, mais surtout une place séparée, dans les familles aristocratiques. Car les femmes règnaient sur l’intérieur, au point aujourd’hui de continuer à gérer le plus souvent l’argent du ménage, elle dont les qualificatifs utilisent fréquemment le mot intérieur (comme dans /anae/ ou /anbang/, ou même /chipsaram/), Le schéma est ancien, qui réifie la place des femmes, sous couvert de glorification : l’épouse vertueuse, à laquelle la littérature et les traités de morale demandaient de manifester et de prouver sa vertu par des sacrifices insensés, à commencer par se suicider pour éviter le viol ou en effacer la souillure.

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