Comprendre les Corées : La Corée dans ses fables

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

Comment parler d’un autre pays ? A moins de se laisser aller à ses impressions ou à répéter ce qu’on aura entendu sur place ou lu dans un journal, la question n’est pas simple.

S’astreindre des années à en étudier la langue, l’histoire, la littérature ou autre est un bon viatique mais ne vaccine pas contre l’opinion, l’idée toute faite, le logocentrisme. La méthode ici choisie, la sociocritique, se propose de ne foncier la réflexion que sur ce que les Coréens disent d’eux-mêmes, sans considérer a priori que ces Coréens existeraient ou seraient dotés d’une spécificité évidente.

Il s’agit donc de prendre au sérieux et même au pied de la lettre ce que la Corée, les Corées disent d’elles-mêmes, et surtout le discours de victimisation qu’elles partagent. Ainsi, tous les lieux communs, miracle, nationalisme, sont-ils remis en perspective, en particulier avec le social-darwinisme.

Car ce que dit de lui un pays n’est ni vrai ni faux mais forme l’ensemble de ses représentations identitaires. Ce qu’on appelle ici des fables. Analysables à la condition de toujours se rappeler qu’elles sont vues, d’ici, à partir d’autres représentations.

Le karaoke : adieu les corps

[:fr]ARTICLE TIRÉ DU NUMÉRO 1 DE LA REVUE TANGUN – LE JOUR OÙ LES CORÉENS SONT DEVENUS BLONDS, MARS 2007.

Par Adrien GOMBEAUD

Nous employons en Occident le terme japonais karaoké pour désigner ce que les Coréens appellent 노래방, noraebang, littéralement chant / salle, salle où l’on chante1. Rappelons rapidement le principe du karaoké : pendant que sur un écran défilent les paroles d’une chanson, une bande son électronique en joue la musique. Le client muni d’un micro chante donc en suivant le texte sensé le maintenir dans le rythme sur la télévision.

Lire la suite

Une société qui pousse à boire – 술 권하는 사회

Hyôn Chin’gôn

La présente traduction de Patrick Maurus est une révision de celle publiée dans Passeport pour Séoul, Actes Sud, 2002. L’original date de 1921.


« Aigu, aya. »
La femme qui faisait de la couture toute seule grimaça à peine et poussa un faible cri aigu. L’aiguille s’était plantée sous l’ongle de son pouce gauche. Son pouce trembla légèrement et un sang rouge prunus apparut sous l’ongle. Elle arracha rapidement l’aiguille et appuya sur la blessure avec son autre pouce. En même temps, du talon, elle repoussa son ouvrage. Après un moment, elle dégagea son pouce blessé. Il n’avait plus de couleur, comme si le saignement avait cessé. Alors, de sous la couche blanche un liquide épais jaillit à nouveau peu à peu. Une goutte de sang de la taille d’un grain de millet sortit, à peine visible, de la blessure. Il n’y avait plus qu’à presser à nouveau. Le saignement sembla se calmer, seulement pour recommencer quand la pression cessait.

Lire la suite

Le massacre de milliers de « sans-abris » au nom du miracle économique sud-coréen

 

Tandis que les Jeux olympiques d’hiver auront lieu en 2018 à Pyeongchang, la Corée du Sud, terre d’accueil des Jeux olympiques en 1988, se voit entachée par un scandale qui refait surface, suite à la publication d’un article par The Associated Press datant du 19 avril 2016.

Lire la suite