Comprendre les Corées : La Corée dans ses fables

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

Comment parler d’un autre pays ? A moins de se laisser aller à ses impressions ou à répéter ce qu’on aura entendu sur place ou lu dans un journal, la question n’est pas simple.

S’astreindre des années à en étudier la langue, l’histoire, la littérature ou autre est un bon viatique mais ne vaccine pas contre l’opinion, l’idée toute faite, le logocentrisme. La méthode ici choisie, la sociocritique, se propose de ne foncier la réflexion que sur ce que les Coréens disent d’eux-mêmes, sans considérer a priori que ces Coréens existeraient ou seraient dotés d’une spécificité évidente.

Il s’agit donc de prendre au sérieux et même au pied de la lettre ce que la Corée, les Corées disent d’elles-mêmes, et surtout le discours de victimisation qu’elles partagent. Ainsi, tous les lieux communs, miracle, nationalisme, sont-ils remis en perspective, en particulier avec le social-darwinisme.

Car ce que dit de lui un pays n’est ni vrai ni faux mais forme l’ensemble de ses représentations identitaires. Ce qu’on appelle ici des fables. Analysables à la condition de toujours se rappeler qu’elles sont vues, d’ici, à partir d’autres représentations.

Une opération douteuse : La Dénonciation, de BANDI

La facilité à obtenir des financements sud-coréens, surtout cette année, explique sans doute la négligence avec lequel le dossier éditorial de cette oeuvre « exceptionnelle » est présenté. Il est quasi inexistant et ne pose AUCUNE des questions qui s’imposent, surtout quand on affirme présenter le premier texte littérataire qui serait venu clandestinement de RPDC. Cela méritait quelques détails. L’aventure éditoriale elle-même aurait pu servir le livre, puisque c’est ce qui intéresse d’abord la presse.

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Les littératures coréennes d’aujourd’hui

Quelques mots sur les littératures coréennes d’aujourd’hui au moment du Salon du Livre de Paris (mars 2016) et des Etonnants Voyageurs de Saint-Malo (mai 2016).

L’événement des années 90, c’était la rupture des liens avec le cinéma et l’émergence des nouvelles technologies ; aujourd’hui, nous voyons naître deux littératures de deux pays et non plus celles d’un pays divisé, même si elles en conservent bien des marques. Cela a des conséquences en matière de sociologie littéraire et en matière générique. Il convient donc d’en étudier les effets sur ces littératures qui restent fondamentalement confucéennes, antées/hantées dans et par le réel, obsédées par leur devoir d’intervention. Ces questions se posent désormais de façon radicalement différentes au Nord et au Sud (et en Chine).

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