Souci du détail et décomposition 작은 것 및 해체에 대한 우려

Sur la « Trilogie coréenne de Hong Sang-soo » (en passant par Arcimboldo et Manet)

par Adrien GOMBEAUD  hong sang-soo

« Les hommes sont comme des fleurs
Qui naissent et vivent en pleurs
Et d’heure en heure se fanissent. »
Mathurin Reigner (1573-1613), Stances.

De sombres aléas commerciaux ont donné naissance cet hiver à un objet cinématographique étrange et passionnant : la « Trilogie coréenne de Hong Sang-soo ». En effet, les trois films du cinéaste réalisés en 1996 (Le jour où le cochon est tombé dans le puits), 1998 (Le pouvoir de la province de Kangwôn) et 2000 (La vierge mise à nu par ses prétendants) sont sortis ensemble en France le même jour, le 28 février, dans les mêmes salles, partageant les mêmes affiches. Presque tous les critiques ont donc consacré un seul et unique article pour parler de trois œuvres distinctes dans la forme et dans le temps. Cette sortie força ceux qui suivaient l’auteur depuis de nombreuses années, à porter sur son œuvre un regard particulier, à essayer de tisser des liens entre les films. Et si finalement ces films qui ne racontent pas une histoire isolée, n’étaient que des anecdotes plus ou moins ficelées et interchangeables… Les détails peuvent-ils librement circuler de films en films composant et décomposant un nombre infini de figures ? La trilogie serait alors une unité parfaite car parfaitement décomposable.

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A l’ombre du paravent – 병풍의 그늘에

Ou le cinéma selon une poésie de Ch’oe Sûngho

par Adrien Gombeaud

Parmi les thèmes de prédilection du poète contemporain Ch’oe Sûngho figure la description de la ville et de la modernité : métro, autobus, publicités composent au fil des œuvres de Ch’oe une sorte de « Spleen de Séoul » au XXe siècle. En 1990 Le Divertissement d’une ville mondaine, s’ouvre sur un poème qui décrit une séance de cinéma. Ce petit texte développe une théorie du regard et du spectacle qui ouvre des pistes d’analyse très riches pour le cinéma coréen contemporain.

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Entretien avec Shin Sang’ok 신상옥 인터뷰

Par Adrien Gombeaud


Shin Sang’ok

Né le 12 septembre 1925 à Ch’ôngjin (province de Ham’gyông dans l’actuelle Corée du Nord), Shin Sang’ok a étudié la peinture à Tokyo avant de se tourner vers le cinéma. Sa carrière est l’une des plus longues de l’histoire du cinéma coréen, il a tourné plus de 120 films. En 1978, il est enlevé, avec sa femme, l’actrice vedette Ch’o Unhûi, en Corée du Nord. Cet épisode très médiatique reste trouble.

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Vingt ans de cinéma coréen 한국영화 20년

par Adrien GOMBEAUD

Depuis deux ans, les films coréens nous arrivent dans un ordre chaotique. Certains ont mis plusieurs années avant d’être distribués en France, d’autres ont atteint nos salles quelques mois seulement après leur sortie coréenne. Ces aléas font qu’il est parfois difficile de tracer depuis nos rivages une histoire du cinéma coréen. A l’image d’Im Kwon-taek, vétéran qui fait paradoxalement figure de nouveau venu sur la scène internationale, le cinéma coréen donne l’illusion de jaillir brutalement. Or, la Corée produit des films depuis 1919 et les présente dans les grands festivals internationaux dès les années 50 (ce qui est remarquable compte tenu de l’histoire coréenne de la première moitié du siècle). Elle a toujours été un pays de cinéma, c’est-à-dire un pays qui a organisé une véritable industrie pour satisfaire un public attentif. Le cinéma coréen ne s’ouvre donc pas à nous, c’est nous qui prêtons plus attention en suivant un mouvement de curiosité plus global. Ce « spectaculaire renouveau » s’explique donc par une longue histoire qui reste à explorer en Occident. Nous nous contentons ici de passer en revue les vingt dernières années pour remettre les films récents dans leur contexte.

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