RPDC 2019. Gratte-ciel et missiles.

La Corée du Nord (RPDC) offre aujourd’hui le spectacle d’un pays en chantier. C’est d’autant plus marquant que les années de stagnation (75-95 environ) et la longue famine qui en a été largement la conséquence avaient donné une image bien différente. Renouant avec les années de construction qui ont suivi d’abord la Libération (1945) puis la Guerre de Corée (1950-1953), la capitale et la côte Est en particulier se couvrent d’impressionnants immeubles, entourés à la coréenne de parcs de loisir, de grands magasins, d’installations sportives. Les chaînes de télévision locales ne se contentent pas de montrer des tirs de missiles, elles abondent en inaugurations et en inspections menées en personne par le Leader Kim Jong-Eun. Les téléspectateurs adorent. Autour de Namwon, à Kalma, ce sont des dizaines de grands hôtels qui émergent, attendant leur ouverture en grande pompe le 25 avril 2020, reportée d’un an.

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La Corée du Nord sort de l’ombre

Étrange sensation que d’arriver à Pyongyang en ce début avril : contrairement à ce que six mois d’annonces apocalyptiques pouvaient laisser croire, la capitale et le reste du pays se caractérisent par un calme impressionnant. Là où d’aucuns ont voulu voir un pays nucléarisé sur le pied de guerre, on trouve une ville comme elle l’est depuis au moins cinq ans : au travail. Simplement. Le pays se couvre de nouvelles constructions et les gratte-ciel poussent dans la capitale. Si les slogans « Pays des fusées » restent visibles, ils sont largement éclipsés désormais par ceux vantant le « Pays de la science ».

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Le Grand Leader doit venir nous voir

Elle est fascinante cette Alexandra, adolescente bulgare propulsée de façon inattendue à l’été 1989 à l’autre bout du monde dans un camp de pionniers socialistes en Corée du Nord.


Peu sensible aux secousses politiques qui se manifestent dans son pays natal, elle découvre un pays entièrement à son goût, admire ses beautés, multiplie les rencontres. Délirante, obsédée, délicieuse, insupportable, intenable, elle tombe amoureuse et décrit la situation avec une confondante naïveté. Et chaque fois qu’une activité collective l’ennuie un peu, elle se persuade qu’il faut bien faire quand même, car le Grand Leader pourrait bien venir leur rendre visite ce jour-là.

Alexandra rentre en Bulgarie au moment où le régime s’écroule et elle aura grandi entretemps.

Trente ans plus tard, l’aventure coréenne d’Alexandra se transforme en une cascade de questions essentiellement posées au travers de sa myopie désopilante.


Pour plus d’information, lire notre précédent article sur le roman de Velina Minkoff Le Grand Leader doit venir nous voir. Le livre paraîtra en mai 2018 chez Actes Sud.

Velina Minkoff, un roman sur la RPDC

La Corée du Nord sécrète bien des discours, à l’aune des fantasmes qu’elle provoque, mais finalement très peu d’écrits et encore moins de fictions, en dehors des siennes. Sauf à considérer, et l’envie en est forte, que les pseudo-études sur la RPDC comme de véritables fictions idéologiquement intéressées.

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Dandong – Pyongyang en train

[:fr]Mai 2015 : Pendant ses cours, Patrick Maurus dresse les premières lignes d’un projet de séjour linguistique à Pyongyang (RPDC) pour l’été.

Il se précise le 13 juin, lors d’une première réunion d’informations. Les allers-retours à la banque, à la Sécu, à l’Ambassade de Chine et les nombreux mails qui s’ensuivent accouchent finalement de nos visas pour la RPDC le 11 août, la veille de notre départ pour Pékin. Nous avons prévu quelques pérégrinations entre la capitale et la Mandchourie avant de rejoindre Dandong, ville limitrophe de la Corée du Nord séparée par le fleuve Yalou.

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