Tombeau pour Yi Ch’ôngjun – 이청준을 위한 무덤

1939-2008 (Texte légèrement remanié de la préface de Les Portes du Temps, Actes Sud, 2011)

Par Patrick Maurus.

Il serait passablement ridicule de jouer au petit jeu très américain du “meilleur écrivain coréen”, ce petit jeu auquel joue chaque année le nationalisme local lorsqu’il s’agit pour lui de “désigner” un candidat au Nobel ! Merci à lui, en tout cas, d’avoir toujours oublié Yi Ch’ôngjun, que cela amusait beaucoup. L’hommage du vice à la vertu, en quelque sorte.
Il est plus simple, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, de le présenter non seulement comme un écrivain coréen, non seulement comme un écrivain marqué par son origine nationale, mais qui risquerait de l’assimiler à l’immense cohorte des nationalistes, mais avant tout comme un écrivain hanté par la coréité. Non qu’il y aurait là une supériorité ou un mystère d’une nature particulière, mais parce qu’en s’acharnant dans cette recherche, c’est à son identité d’écrivain qu’il en avait.

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