Séoul en tant que mythe dans ‘Le Piquet de ma mère’ de Pak Wansô – 박완서 <>보여진 신비적인 서울

par JEONG Eun-Jin

Nombreux sont les récits coréens qui mettent en scène Séoul, symbole de la modernité par opposition à la province, à la campagne, ou plus exactement au « pays natal », thème également cher à la littérature coréenne moderne. Plus que sa prodigieuse urbanisation, c’est sa population, composée en grande partie de gens venus y chercher une vie meilleure, qui très tôt attire l’attention de certains écrivains. Confrontées à la dure réalité qui les oblige à se débrouiller pour se faire une modeste place, ces « petites gens » doivent se livrer à une âpre lutte quotidienne où seuls leur apportent une maigre consolation les souvenirs de leur pays natal, auquel ils restent à jamais attachés et qu’ils se promettent de retrouver après avoir « réussi ».

Lire la suite

Ecrire / Femme – 글쓰기/여자

Par Patrick MAURUS, traducteur, professeur de littérature coréenne à l’Inalco, Paris

5000 ans d’histoire, nous serinent les nationalistes coréens. Dans ce cas, il faudrait préciser : 5000 ans d’exclusion pour les femmes. La société coréenne a en effet assigné aux femmes une place séparée, tant à l’intérieur de la maison que dans les relations sociales. Mais est-ce si surprenant. C’est le cas ailleurs, Confucius se chargeant seulement de donner la couleur locale. Une place subalterne, évidemment, mais surtout une place séparée, dans les familles aristocratiques. Car les femmes règnaient sur l’intérieur, au point aujourd’hui de continuer à gérer le plus souvent l’argent du ménage, elle dont les qualificatifs utilisent fréquemment le mot intérieur (comme dans /anae/ ou /anbang/, ou même /chipsaram/), Le schéma est ancien, qui réifie la place des femmes, sous couvert de glorification : l’épouse vertueuse, à laquelle la littérature et les traités de morale demandaient de manifester et de prouver sa vertu par des sacrifices insensés, à commencer par se suicider pour éviter le viol ou en effacer la souillure.

Lire la suite