Feuilletons télévisés

ARTICLE TIRÉ DU NUMÉRO 1 DE LA REVUE TANGUN – LE JOUR OÙ LES CORÉENS SONT DEVENUS BLONDS, MARS 2007.

Par MOON Siyeun

Partout ailleurs dans le monde, les productions américaines ont massivement envahi petits et grands écrans. Car, la puissance économique de son capital et l’importance de la langue anglaise font que son marché s’étend au monde entier. Le développement de la vidéo, du câble, du numérique n’arrange rien. La Corée, onzième puissance mondiale, possède 5 chaînes hertziennes publiques et privées, un câblage récent (plus de 3 millions de foyers, trente chaînes), deux projets de satellites numériques, et une bonne diffusion d’Internet.

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Comprendre les Corées : La Corée dans ses fables

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

La Corée dans ses fables de Patrick Maurus

Comment parler d’un autre pays ? A moins de se laisser aller à ses impressions ou à répéter ce qu’on aura entendu sur place ou lu dans un journal, la question n’est pas simple.

S’astreindre des années à en étudier la langue, l’histoire, la littérature ou autre est un bon viatique mais ne vaccine pas contre l’opinion, l’idée toute faite, le logocentrisme. La méthode ici choisie, la sociocritique, se propose de ne foncier la réflexion que sur ce que les Coréens disent d’eux-mêmes, sans considérer a priori que ces Coréens existeraient ou seraient dotés d’une spécificité évidente.

Il s’agit donc de prendre au sérieux et même au pied de la lettre ce que la Corée, les Corées disent d’elles-mêmes, et surtout le discours de victimisation qu’elles partagent. Ainsi, tous les lieux communs, miracle, nationalisme, sont-ils remis en perspective, en particulier avec le social-darwinisme.

Car ce que dit de lui un pays n’est ni vrai ni faux mais forme l’ensemble de ses représentations identitaires. Ce qu’on appelle ici des fables. Analysables à la condition de toujours se rappeler qu’elles sont vues, d’ici, à partir d’autres représentations.

Le karaoke : adieu les corps

[:fr]ARTICLE TIRÉ DU NUMÉRO 1 DE LA REVUE TANGUN – LE JOUR OÙ LES CORÉENS SONT DEVENUS BLONDS, MARS 2007.

Par Adrien GOMBEAUD

Nous employons en Occident le terme japonais karaoké pour désigner ce que les Coréens appellent 노래방, noraebang, littéralement chant / salle, salle où l’on chante1. Rappelons rapidement le principe du karaoké : pendant que sur un écran défilent les paroles d’une chanson, une bande son électronique en joue la musique. Le client muni d’un micro chante donc en suivant le texte sensé le maintenir dans le rythme sur la télévision.

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Le cinéma n’est pas seul

Hypothèses sociocritiques sur les cinémas coréens.

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Walter Siti, éditeur des Œuvres complètes de Pier Paolo Pasolini, écrivait en parlant de celles-ci :
« C’est à contrecœur, pour de pures raisons de lisibilité et de marché, que nous avons distingué les œuvres en prose de la poésie, le cinéma des essais critiques. ».
On y trouve en tout cas dans ces Œuvres l’affirmation suivante :
« Prenons le cas d’un scénario d’écrivain, qui n’a pas été tiré d’un roman et qui, pour une raison quelconque, n’a pas été porté à l’écran. Ce cas nous met en présence d’un scénario autonome, qui peut très bien représenter, de la part de son auteur, un véritable choix : celui d’une technique narrative. Quel est le critère pour juger une telle œuvre ? »
En effet. C’est dans un article au titre daté mais provoquant : « Le scénario comme structure tendant à être une autre structure ». Ailleurs, dans une lettre à Luciano Anceschi, il écrit :
« Je m’aperçois que le cinéma me pose aujourd’hui des questions sur le plan narratif et des problèmes de langage beaucoup plus intéressants que ceux que me pose le roman contemporain. »

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Le Sewol, deux ans après

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Le 16 avril 2014, le ferry Sewol, qui conduit dans l’île paradisiaque de Cheju vacanciers et lycéens, sombre en vue de la côte. La fuite du capitaine, l’impéritie des secours, les mensonges des officiels, la veulerie des journalistes, le suicide du propriétaire ont alimenté le scandale, sans que la vision des quelques trois cents cercueils parvienne à s’effacer du souvenir de toute la population. La Corée est depuis comme sonnée, à la recherche de réponses, mais sans réussir à formuler ce que chacun ressent pourtant et qui transcende largement les multiples et réels scandales : En restant à bord, en obéissant sagement à l’ordre qui leur était donné, les petites victimes ont tout simplement réagi comme la société le leur demande en toute occasion. Cette obéissance, cette cohésion, n’est-ce pas là justement ce dont la même société faisait des valeurs essentielles ? N’est-ce pas là justement ce dont elle s’enorgueillissait et ce qui expliquait ce qu’elle voulait voir comme son miracle ?

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