Feuilletons télévisés

ARTICLE TIRÉ DU NUMÉRO 1 DE LA REVUE TANGUN – LE JOUR OÙ LES CORÉENS SONT DEVENUS BLONDS, MARS 2007.

Par MOON Siyeun

Partout ailleurs dans le monde, les productions américaines ont massivement envahi petits et grands écrans. Car, la puissance économique de son capital et l’importance de la langue anglaise font que son marché s’étend au monde entier. Le développement de la vidéo, du câble, du numérique n’arrange rien. La Corée, onzième puissance mondiale, possède 5 chaînes hertziennes publiques et privées, un câblage récent (plus de 3 millions de foyers, trente chaînes), deux projets de satellites numériques, et une bonne diffusion d’Internet.

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Le cinéma n’est pas seul

Hypothèses sociocritiques sur les cinémas coréens.

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Walter Siti, éditeur des Œuvres complètes de Pier Paolo Pasolini, écrivait en parlant de celles-ci :
« C’est à contrecœur, pour de pures raisons de lisibilité et de marché, que nous avons distingué les œuvres en prose de la poésie, le cinéma des essais critiques. ».
On y trouve en tout cas dans ces Œuvres l’affirmation suivante :
« Prenons le cas d’un scénario d’écrivain, qui n’a pas été tiré d’un roman et qui, pour une raison quelconque, n’a pas été porté à l’écran. Ce cas nous met en présence d’un scénario autonome, qui peut très bien représenter, de la part de son auteur, un véritable choix : celui d’une technique narrative. Quel est le critère pour juger une telle œuvre ? »
En effet. C’est dans un article au titre daté mais provoquant : « Le scénario comme structure tendant à être une autre structure ». Ailleurs, dans une lettre à Luciano Anceschi, il écrit :
« Je m’aperçois que le cinéma me pose aujourd’hui des questions sur le plan narratif et des problèmes de langage beaucoup plus intéressants que ceux que me pose le roman contemporain. »

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Le Sewol, deux ans après

[:fr] 

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Le 16 avril 2014, le ferry Sewol, qui conduit dans l’île paradisiaque de Cheju vacanciers et lycéens, sombre en vue de la côte. La fuite du capitaine, l’impéritie des secours, les mensonges des officiels, la veulerie des journalistes, le suicide du propriétaire ont alimenté le scandale, sans que la vision des quelques trois cents cercueils parvienne à s’effacer du souvenir de toute la population. La Corée est depuis comme sonnée, à la recherche de réponses, mais sans réussir à formuler ce que chacun ressent pourtant et qui transcende largement les multiples et réels scandales : En restant à bord, en obéissant sagement à l’ordre qui leur était donné, les petites victimes ont tout simplement réagi comme la société le leur demande en toute occasion. Cette obéissance, cette cohésion, n’est-ce pas là justement ce dont la même société faisait des valeurs essentielles ? N’est-ce pas là justement ce dont elle s’enorgueillissait et ce qui expliquait ce qu’elle voulait voir comme son miracle ?

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Souci du détail et décomposition 작은 것 및 해체에 대한 우려

Sur la « Trilogie coréenne de Hong Sang-soo » (en passant par Arcimboldo et Manet)

par Adrien GOMBEAUD  hong sang-soo

« Les hommes sont comme des fleurs
Qui naissent et vivent en pleurs
Et d’heure en heure se fanissent. »
Mathurin Reigner (1573-1613), Stances.

De sombres aléas commerciaux ont donné naissance cet hiver à un objet cinématographique étrange et passionnant : la « Trilogie coréenne de Hong Sang-soo ». En effet, les trois films du cinéaste réalisés en 1996 (Le jour où le cochon est tombé dans le puits), 1998 (Le pouvoir de la province de Kangwôn) et 2000 (La vierge mise à nu par ses prétendants) sont sortis ensemble en France le même jour, le 28 février, dans les mêmes salles, partageant les mêmes affiches. Presque tous les critiques ont donc consacré un seul et unique article pour parler de trois œuvres distinctes dans la forme et dans le temps. Cette sortie força ceux qui suivaient l’auteur depuis de nombreuses années, à porter sur son œuvre un regard particulier, à essayer de tisser des liens entre les films. Et si finalement ces films qui ne racontent pas une histoire isolée, n’étaient que des anecdotes plus ou moins ficelées et interchangeables… Les détails peuvent-ils librement circuler de films en films composant et décomposant un nombre infini de figures ? La trilogie serait alors une unité parfaite car parfaitement décomposable.

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Un cinéma militant – 전투영화

Entretien avec Yang Jung-hee, vidéaste

par Pierre PIONSAT

Les collectifs cinématographiques dont est issue la génération de Chang Sôn’u ne sont plus. Aujourd’hui les jeunes cinéastes sont formés de façon plus traditionnelle : école, éventuellement passage à l’étranger, et assistanat. Pour autant, le cinéma engagé n’a pas disparu. Il est particulièrement vivant dans le documentaire et la vidéo lui insuffle un nouveau tonus. Yang Jung-hee fait partie de ces cinéastes/vidéastes militants qui mettent encore leur regard au service de leurs convictions.

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